Les documents du mois


La création d'une amitié alsaco-japonaise en 3 étapes

Plaquette en japonais (1989)

Cote 1202 W 16

Plaquette en japonais (1989)

Cote 1202 W 16

Carte des entreprises japonaises installées en Alsace

Cote 1401 W 13

Courrier posté à Tokyo

Courrier destiné à Madame la Maire Ctaherine Trautmann en 2000. 

Cote 1401 W 13

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Les Archives permettent de découvrir des documents inhabituels. Ce mois-ci nous vous présentons une plaquette totalement en japonais qui illustre les riches relations entre l’Alsace et le Japon. Celles-ci sont tout à la fois universitaires, industrielles, culinaires, politiques et voient leur apothéose dans l’installation d’un consulat.  

Etape 1 : faire venir les Japonais en Alsace

A partir de la fin du XIXe siècle, les relations entre l’Alsace et le Japon se développent et s’intensifient. Elles impliquent alors surtout des missionnaires, des militaires, des juristes, des négociants ou des experts.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, avec l’ouverture des frontières et la perte des colonies, l’Alsace a besoin de nouveaux investisseurs. Dans un premier temps, ce sont surtout des entreprises américaines, suisses et allemandes qui viennent s’implanter.Mais avec la crise pétrolière de 1973, une prospection plus lointaine s‘opère et s’oriente naturellement vers le Japon qui cherche lui aussi à s’ancrer en Europe.

Etape 2 : séduire les Japonais ici et là-bas

Pour intéresser les Japonais, l’Alsace met en avant ses atouts : sa position sur l’axe rhénan, ses moyens de communication, son économie et l’excellence de ses pôles universitaires. Mais les Japonais partagent surtout la même mentalité que nous : solidarité, ponctualité, sérieux et esprit de discipline…

 

Il n’est donc pas étonnant que des entreprises comme Sony, Ricoh, Sharp ou Yamaha viennent s’implanter sur le territoire, encouragées par la présence du lycée Seijo à Kientzheim, qui permet aux cadres japonais de scolariser leurs enfants dans une école aux habitudes japonaises.

 

En sens inverse, l’Alsace exporte ses traditions culinaires jusqu’au Japon, avec notamment l’installation de KIRN en 1986. Puis, en 1997, avec l’année du Japon en France, l’Alsace lance une campagne de séduction en organisant un diner de gala élaboré par 15 chefs étoilés alsaciens. Ces diners mettent ainsi en lumière nos viticulteurs, nos distillateurs, nos brasseurs, nos fabricants de foie gras, de pain d’épices et de biscuits.

Etape 3 : les faire rester et diffuser notre culture locale

Plusieurs visites protocolaires auront lieu : l’ambassadeur du Japon Kazuo OGOURA viendra à Strasbourg en juin 2000 avec son épouse. Par ailleurs, un consul général observateur permanent auprès du Conseil de l’Europe s’installe aussi à Strasbourg, près de la Place de la République.

 

D’importants échanges universitaires font aussi la force de ces relations. En 1955, une convention est signée entre l’université de Strasbourg et les universités de Tokyo et de Kyoto. L’année 2001 verra l’ouverture d’une Maison universitaire du Japon à Strasbourg avec comme mission d’être un lieu d’accueil pour les étudiants, enseignants et chercheurs des deux pays.

 

Enfin, on pourra également évoquer la coopération culturelle : représentations de danses classiques, dépôts d’œuvres au Jardin des Deux-Rives à Strasbourg, tournées de l’orchestre philharmonique au Japon en 1976, 1985 et 1993, exposition des musées, plusieurs déplacements de l’Opéra national du Rhin au Japon… cela ira même  jusqu’à l’importation du marché de Noël à Tokyo, sans sushis, mais avec des tartes flambées et des Alsaciennes en costume !